Saison 2025-2026 en photos et vidéos

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17/04/2026 : Henri Texier quartet

La venue d’Henri Texier à l’Open Music Jazz Club est évènement qu’il ne faut jamais manquer. Pour sa seconde visite ici, il était accompagné de son fils Sébastien Texier (aux sax alto, clarinette et clarinette basse), de l’excellent batteur Gautier Garrigue et, en invité, notre trompettiste belge Carlo Nardozza.

Salle comble, ambiance des grands soirs et accueil toujours aussi chaleureux et festif que respectueux et professionnel. Pur bonheur.

Bonheur immédiat, aussi, dès les premières notes de contrebasse - profondes, grasses – qui propulsent le quartette dans un « Mic Mac » revisité et haletant.

Le quartette, qui jouait pour la seconde fois seulement dans cette configuration, se trouve les yeux fermés. La musique de Texier, riche de complexité, se délivre avec une spontanéité et une évidence peu communes .Ce soir, le groupe va rechercher des compositions anciennes et emblématiques dans la large discographie du contrebassiste (dont certaines se trouvent sur le dernier album « Healing Songs »).

« Sand Woman » (tiré de l’album du même nom et dont le quartette reprendra aussi « Quand tout s’arrête » en fin de premier set) est un blues bâti sur une pulsation rythmique aussi retenue que stimulante, la marque de fabrique du leader. D’abord à l’unisson, le bugle et la clarinette basse s’entendent à merveille pour créer un climat très évocateur, avant que chacun ne prenne des chemins imaginaires très inspirés. On atteint rapidement des sommets d’interactions jubilatoires.

 

Il y a, dans les compositions de Texier et dans la manière de les délivrer, une fluidité toujours étonnante. On dirait qu’il y a comme des petits galets qui roulent dans un ruisseau, évoquant à la fois un côté abrupt et apaisé, vif et doux.

 

Chacun des musiciens a la place pour improviser. Gautier Garrigue en profite allègrement pour prendre le large, dans un jeu toujours ludique, sous l’œil rieur et complice du leader. Sur le bien nommé « Ô Elvin », en hommage au célèbre batteur américain, Garrigue invente, colore, dessine, découpe.

 

Trompette et sax ne sont pas en reste, sur « Chebika Courage » ou « Fertile Danse », entre autres, ils redoublent d’inventivité.

 

Généreux et sensible de nature, Henri Texier partage aussi avec le public ses colères retenues : « Sarajevo Blues » d’abord (dont les bénéfices ont été reversés à la bibliothèque bosniaque pour le rachat de livres après la guerre) ou « Sommeil Caillou » (composé pour le film « Remparts d’argile » qui relatait la première grève de l’histoire tunisienne et du combat pour l’émancipation de la femme).

 

Musicien engagé donc, mais qui sait aussi mettre en valeur les beautés de ce monde fragile, au travers de « Laguna Venetta » et « Cinecitta », par exemple ou encore avec la belle ballade composée par Gautier Garrigue « Lezaola Song ».

 

 

Le public ne s’y trompe pas. Standing ovation.

Un concert généreux, humain et… salutaire.

A très vite pour la suite.

 

 


01-02/05/2026 : Kaz Hawkins


Diva : déesse, en italien.

 

Diva : cantatrice d’opéra célèbre ou, par extension, vedette féminine au talent exceptionnel

 

Diva, au sens péjoratif : personne capricieuse et exagérément exigeante.

 

Kaz Hawkins est bien une diva mais ne relève absolument pas de la troisième catégorie : elle déborde de sympathie, elle est simple comme bonjour, elle embrasse tout le monde, elle est contente d’être là et tient à le faire savoir, on voit qu’elle aime les gens et ce n’est pas du chiqué.

 

Et quel talent !

 

Elle possède une voix à couper le souffle, sa prestation est volcanique et ses musiciens sont à la hauteur de l’éruption tout le long du show, sa présence scénique en impose, non sans humour et facéties, le tout au service d’une vraie chaleur sans fards, qui émeut le public jusqu’au plus profond.

 

La vie de Kaz défile au fur et à mesure des titres : Because you love me, Don’ you kwnow, I saw a man, et ce Surviving qu’elle chante avec ses tripes pour rompre avec un passé douloureux et parler d’espoir, de la beauté de la vie et de la meilleure médecine au monde : la musique, sa musique. Et aussi pour rester une femme forte, Phenomenal woman !

 

No blues, no jazz but Kaz !!!

 

Mais, comme le veut la tradition du club, ce formidable concert se termine par un blues complètement improvisé, musique et paroles, qui met le feu, avec des paroles où elle prononce mon prénom comme un mantra mais, ne nous y trompons pas, qu’elle adresse en réalité à tous ses hôtes des deux soirs : elle rend ainsi un vibrant hommage à tous les travailleurs bénévoles qui font vivre chaque semaine au Club la musique live qui rassemble les cœurs : We love you too, Kaz, thank you so much !

 

Il est minuit moins le quart, standing ovation, les spectateurs sont sous le choc, Kaz et deux de ses musiciens doivent encore se sustenter, Mia, Anne et Marie-Paule sont encore de service, la vie d’artistes pour tout le monde en quelque sorte…

 

Merci à toutes celles et ceux qui permettent l’organisation de telles soirées ! et notamment pour le coup, à Jean-Marie Vandelannoitte qui capte tous ces moments avec la rigueur d'un métronome et la qualité qu'on lui connait.

 

Merci à Madame la Ministre de la Culture Elizabeth Degryse (Kaz dira Queen Ellizabeth !) pour sa présence au club ce vendredi soir, qui témoigne de son soutien sans faille et de sa défense tous azimuts des travailleurs des arts.

 

Merci à notre public, fidèle, curieux, enthousiaste, respectueux.

 

Et, of course, merci à Kaz Hawkins de venir encore chanter en formule club en la très bonne compagnie de musiciens de haute volée : Simon au bouzouki (qui donne à plusieurs morceaux une couleur celtique qui rappelle le Belfast de Kaz), Franck au piano (et excellent arrangeur et directeur musical de surcroît), Lucas à la basse ou au violoncelle, Yanis à la batterie et Adrien à la guitare.

 

Good music makes good people!

 

JJ


08/02/2026 : Marc Ducarne 4tet invite Pierrick Pédron


Déjà fortement apprécié le 28 novembre dernier, le quartet de Marc Ducarne nous revient avec, comme guest, le saxophoniste Pierrick Pédron, venu tout droit de Saint-Brieuc, Côtes-d'Armor, Bretagne.

 

Force est de constater que le mariage entre Briochins et Dunkerquois marche à merveille !

 

Entre transe indienne, free jazz, influences ethniques et boucles hypnotiques, le public nombreux assiste à un concert d'excellente facture, explorant des territoires sonores sans concessions, puisant dans l'héritage de grands maîtres tels que le pourtant "inaccessible" John Coltrane, tout en affirmant une identité forte et singulière. Ce quintette inédit, porté par l'énergie brute et les sonorités aux couleurs ardentes de ses deux saxophonistes géniaux, nous a conviés à une expérience musicale intense, ancrée et libre !

 

Pierre


06/02/2026 : Liv Monaghan trio


Ambiance fiévreuse au Club ce vendredi 6 février où se produisait pour la première fois en Belgique la chanteuse irlandaise Liv Monaghan.
Autant le dire d'emblée, nous avons assisté à une prestation éblouissante !
Bien entourée par Sava Medan à la contrebasse et Simon Martineau à laguitare électrique, tous deux d'une redoutable efficacité sans jamais verser dans la démonstration, l'artiste irlandaise a envoûté une salle comble par son sens de la mélodie et, surtout, par une voix d'une pureté peu commune.
Aussi à l'aise dans les graves que dans les aigus, ne donnant jamais l'impression de forcer, Liv Monaghan a livré un double set plein de sensibilité et d'élégance.
Bien qu'habitant aujourd'hui à Paris, elle n'a rien oublié de ses origines irlandaises, puisant largement dans les sonorités propres au folklore de cette ïle pour nous offrir tantôt des ballades envoûtantes, tantôt des morceaux plus enlevés non dénués, parfois, d'une pointe d'humour et de fantaisie.
Le tout avec une aisance et une présence scénique impressionnantes, n'ayant nul besoin d'artifices... Bref, la grande classe !
Il ne nous reste plus qu'à nous précipiter sur ses trois albums (dont un EP), et retrouver ainsi la magie de cette soirée.
Jean-Marc

05/02/2026 : conférence sur l'histoire de Comines, par Frédéric Berghe

La conférence de Frédéric Berghe consacrée à l’histoire de Comines, de la Belle Époque aux Trente Glorieuses, a rencontré un vif succès au Club.
Devant une salle comble, l’orateur a partagé avec passion, clarté et humour le fruit d’un important travail de recherche, ponctué d’archives, d’images et d’anecdotes marquantes.

Cette soirée, organisée dans le cadre des Café 5 philo, a été rendue possible grâce à la collaboration entre Open-Music, le Rotary Club Comines-Europe, Bibliolys, le PAC Cowa et la Société d’histoire de Comines-Warneton.

 



23/01/2026 : double plateau "Hauts de France" avec Why 4tet et Aâma



A 23h30, quand la voix d’Emma Prat s’est tue devant une salle envoûtée et que la lumière s’est rallumée, on aurait voulu rembobiner le film et que tout recommence à zéro. Et encore, et encore, jusqu’au bout de la nuit... Aâma a terminé son concert par une reprise de « Li Beirout » de la chanteuse libanaise Fairouz. Et on a écouté, bouche bée, parce que c’était beau comme une nuit étoilée en plein désert. Et c’était émouvant aussi, à donner les larmes aux yeux, car comment ne pas songer, derrière les mots et la psalmodie, au martyr de ce petit pays que la géopolitique a placé au cœur d’interminables conflits. Mais Aâma ne vient pas du Liban, ni du Proche-Orient, mais de Lille. Ils sont cinq à produire un jazz randonneur qui explore d’autres cultures, d’autres sonorités, de l’Afrique noire aux rives de la Méditerranée. La voix magnifique d’Emma Prat, digne d’une diva orientale, s’associe à la guitare de Bertrand Maïlar, pour donner aux mélodies un petit air de rock. Mais derrière, Xavier Pernet à la batterie, Sami Foukani-Descamps à la contrebasse et Julien Girard au piano remettent du jazz dans les oreilles. C’était tout simplement magnifique. Janvier, c’est le mois des soldes. Et l’Open Music Jazz-Club de Comines a aussi fait dans la promotion. En quelque sorte, le slogan publicitaire de la soirée, c’était : « Deux concerts pour le prix d’un ! ». On vous rassure : Jean-

Jacques VDB n’en a pas profité pour refiler ses rossignols. Sur la scène, il y avait bien des rossignols mais des vrais qui chantaient et jouaient fort bien !

Pour ce troisième concert de l’année, le club n’a pas recruté fort loin. Les deux groupes élus venaient des Hauts-de-France, et ils ont aussi la particularité d’être relativement jeunes, puisqu’ils ont été créés en 2023.

On vous a parlé d’Aâma. Place à Why 4 tet qui « ouvrait le bal ». Entre les deux formations, il y avait au moins un instrumentiste commun : Julien Girard au piano. A ses côtés, Siméon Damourette au saxophone, Simon De Ruyter à la contrebasse et Mathis Uraï à la batterie.

Mais que notre enthousiasme pour Aâma n’amoindrisse pas le plaisir que nous ont procuré les compositions de Why 4 tet, jouées avec les tripes et le coeur. 

Et puis, ce « deux en un » nordiste a été tout bénef pour le club de jazz qui a vu la présence d’un nouveau public qu’il espère maintenant revoir.

L.P.


16/01/2026 : Nicolas Jules


Peut-on être poète émouvant et clown blanc irrésistible à la fois ?

 

Peut-on encore renouveler la chanson française (et à quel point !) tout en s'inscrivant en filigrane dans le prolongement d'autres grands originaux ?

 

Peut-on avoir la présence sonore et scénique des plus grands tout en se circonscrivant dans un mouchoir de poche ?

 

Peut-on encore captiver ainsi un auditoire tour à tour plié de rire et pétri d'émotion ?

 

Petits peut-on…

 

La réponse à ces défis est l'apanage des plus grands.

 

À la fois humbles mais fiers, touchants mais indomptables, poétiques et désopilants, NICOLAS JULES et ses complices, Roland "Chéri Bibi" aux maillets et François à l'archet polyvalent, nous ont littéralement transportés dans leur univers tendre, décalé et frénétique.

 

Les absents ont rarement autant eu tort, et les présents s'en souviendront longtemps…

 

Vivent des lieux comme l'Open, et encore merci pour ce fabuleux cadeau !

 

Je vous admire pour continuer à proposer des instants pareils.

 

Patrick'tje Dallongeville


15/01/2026 : Thelonious Monk, sculpteur de silence


Café-philo tout à fait spécial ce jeudi avec un spectacle musical où se croisaient musique de jazz et théâtre.

 

Eric d’Agostino (contrebasse, récitant), Michel Mainil (sax ténor), Paolo Loveri (guitare) et Patrick Wante (batterie), tous les quatre musiciens chevronnés du jazz belgicain, ont réussi leur pari : tenir la scène pendant une heure et demie avec les grands standards composés par Thelonious Monk sans piano !

 

Eric D’Agostino a une vraie présence scénique : il ne raconte pas la vie de Monk, ce génie tourmenté, bipolaire, et mutique, il est Monk !

 

Quand, à la fin de sa vie, Thelonious ne joue plus et fait de la musique dans sa tête pendant six ans de repli sur lui-même, Eric/Monk nous émeut au plus profond.

 

D’autant qu’il nous fait partager l’amour inconditionnel de Nellie pour son homme, c’est beau, … tout simplement !

 

On touche de près l’indicible, l’inracontable, on est avec Monk et on applaudit à la performance d’Eric.

 

Lors de l’échange avec le public (une petite quarantaine de jazz/fans et/ou autres curieux qui ont fait le déplacement ce soir), Eric précise qu’il n’est pas comédien…

 

Ah bon ? ça ne se voyait pas hier soir tant sa prestation théâtrale était à la hauteur des critiques dithyrambiques qui accompagnent partout ce spectacle original, tantôt drôle, tantôt émouvant, toujours intelligent !

 

Bravo les musiciens !

Bravo le comédien !

 

Et merci !

 

(Et, last but not least, on rappellera ici qu’il faut revoir d’urgence la Nef des Fous qui fut réalisée en son temps par Eric D’Agostino, un film qui secoue et qui fut tourné à l’annexe psychiatrique de la prison de Forest) 

 

jj vdb


09/01/2026 : Mathieu Najean 4tet


La suavité du son du saxo ténor de Mathieu, des mélodies sucrées et chaloupées, une attitude cool des quatre complices du soir, leurs sourires constants en s’éclatant sur la scène de notre petit club, un swing accrocheur et entraînant tout le long du concert, tels étaient les ingrédients du cocktail concocté par Les Lundis d’Hortense/Jazz Tour pour fêter ce début d’année nouvelle.

 

Ah, si tout le monde pouvait écouter la musique de ce vendredi soir comme nous avons en eu le plaisir, ce monde irait sans doute beaucoup mieux !

 

Pour faire la nique aux malheurs du temps et au climat anxiogène de notre planète, sans doute faudrait- il imposer à nos dirigeants une séance d’écoute obligatoire de la musique de Mathieu Najean (sax ténor), Victor Foulon (contrebasse), Wouter Van Den Broeck (piano) et Mathias De Waele (drums).

 

Si la joie est une forme de résistance, alors on a beaucoup résisté hier soir !

Tous ensemble.

 

En applaudissant à l’irrésistible coolitude des standards de Wes Montgomery, Stan Getz, Gerry Mulligan, etc… revisités par nos quatre virtuoses, on a oublié la tempête du dehors pour se surprendre à rêver d’une petite brise d’été, de la douceur d’une plage et du bruit des vagues.

Une fois de plus, on a beaucoup voyagé ce vendredi à l’Open Music Jazz Club : pour presque pas un sou, on est allés en Californie, au Brésil, au Mexique, et même en Bretagne, à Sainte Marguerite très exactement, près de La Baule… où Monsieur Hulot passait ses vacances.

 

J’ose à peine écrire - car cela devient un marronnier – que notre public était aux anges lorsqu’à la fin du second set, les musiciens ont repris un morceau de Nat Adderley, un monstre de swing endiablé, et, par respect de la tradition de notre club et en guise de rappel, un blues de derrière les fagots où chaque musicien s’est exprimé une dernière fois, chacun à son tour, avec une inventivité et un enthousiasme qui faisaient plaisir à voir et à entendre.

 

Comme disait l’ami Foucault (l’animateur, pas le philosophe…), sacrée soirée !

Mais tellement plus belle quand on ne la passe pas devant la télé !

 

A tout bientôt,

jj


19/12/2025 : The Brussels Groove collective


On l’avait annoncé : ça va swinguer, ça va groover pour ce concert de Noël pas comme les autres. 

 

D’abord, il y a l’installation des musiciens au Club, à la bonne franquette et dans la bonne humeur ; les choristes de Bruxelles rencontrent ceux de Comines.

  

Puis il y a la soupe thaï et le cake à la crème au marron qui réchauffent les cœurs et les corps, encore merci à notre équipe kitchen ! Quel talent !

  

Et puis, sur le coup de 20h30, il y a le concert.

  

Comme l’écrit Alexandre*, le Brussels Groove Collective n’est pas une chorale comme une autre.

 

Issue du Conservatoire de Bruxelles, elle est une expérience musicale originale, mêlant jazz, soul, gospel avec une énergie et un engagement irrésistibles, une joie manifeste de se retrouver ensemble et de partager avec le public les émotions de toutes ces couleurs musicales.

  

Avec des solistes magnifiques.

  

Avec un chef (Pete Churchill) charismatique et virevoltant, pédagogue remarquable et, pour ne rien oublier, un sacré entertainer, UK oblige !

  

Avec des messages positifs comme We have to change the world one song at a time…

  

Avec du groove à tous les étages, y compris pour rendre hommage à Jimmy Cliff récemment disparu.

  

Avec le sens du partage lorsque, juste avant la pause, notre chorale Open Music est invitée à monter sur la scène pour chanter avec le BGC, un plaisir et un honneur à la fois !

 

Et le public ne s’y trompe pas : il est gagné par l’enthousiasme et les talents qui s’expriment, il est debout pour applaudir à la fête musicale du soir, après un dernier rappel improvisé, comme une leçon de jazz vocal, sans partition, avec des accents zoulous pour voyager encore un peu.

 

C’était bien, c’était chouette, c’était pas chez Laurette cette fois mais bien à l’Open Music Jazz Club, c’était un vrai cadeau de Noël !

 

jj

 

*Alexandre Waijnberg, cheville ouvrière du BGC

12/12/2025 : Thibault Dille Trio


Daqui * en portugais signifie : d’ici.

Dès l’entame du concert, Thibault Dille nous explique que pratiquement toutes les compositions qui seront jouées ce soir sont de lui et qu’elles viennent donc bien d’ici.

Ici, c’est Bruxelles où vit Thibault depuis sa prime enfance et Bruxelles la cosmopolite est aussi la ville des musiques d’ailleurs…

Bref, vous l’avez compris, la musique vient d’ici et d’ailleurs, elle sera métissée.

 

Le trio est d’ailleurs lui-même métissé : le percussionniste vient de Sao Paulo (Brésil) et est venu étudier la musique au Conservatoire de Gand où il s’est entretemps installé depuis dix ans.

Il s’agit de Marcos Della Rocha (déjà venu au club avec Laughing Bastards…), d’une finesse de jeu rarement entendue, avec des percussions inhabituelles qui rendent ses interventions à la fois délicates et efficaces.

On aspire à le retrouver un de ces quatre au club avec le groupe du tromboniste brésilien Roberto De Oliveira !

 

A l’accordéon et au melowtone**, Thibault est de la race des maîtres du genre, comme les Tuur Florizoone, les  Vincent Peirani ou encore Richard Galliano et consorts.

Rien à jeter dans son jeu brillantissime : sensibilité à fleur de peau ou virtuosité ébouriffante, on est scotché.

Et entre deux morceaux, l’humour du zinneke Thibault ajoute ce qu’il faut de joie et de bonne humeur pour que la soirée soit parfaite.

 

Quant à Pierre Gillet à la guitare à sept cordes, lui aussi est un cador dans son genre. Quel bonheur de le voir jouer sans la moindre partition et à une cadence effrénée les doubles et triples croches à l’unisson de celles de l’accordéon de Thibault. Après des plages de musiques plutôt zen, Thibault annonce une accélération du rythme : le rappel devient alors le bouquet final d’un fameux feu d’artifices musical dont tout le monde sort admiratif et le sourire aux lèvres.

Notre photographe Jean-Marie était encore plus heureux que nous : il passait hier soir le cap d’une dizaine d’années avec le plus beau des cadeaux : un concert de jazz/folk … et quel concert !

 

*Daqui : titre de l’album du trio.

** Melowtone : sorte d’accordéon dans lequel on souffle et qui donne un son se situant entre l’accordéon et l’harmonica. Emotions garanties à son écoute, surtout quand c’est Thibault qui souffle dedans… !

 

jj

 


30/11 : Heptone Colours


C’est la dernière ligne droite, Les Saturnales Edition 2025 sont bientôt dernière nous.
Avec le sentiment du travail bien fait, l’agréable perspective de se reposer un peu (on en a tous besoin...) mais avec (déjà) l’envie de recommencer car c’est si bon quand la musique est bonne....
Cerise sur le gâteau, kers op de taart, aujourd’hui on accueille sur le coup de 17 heures les musiciens du Heptone Colours, le band du club Heptone* de notre ami Olivier Colette. Que des cadors : Olivier au piano, Toine Thys aux saxes alto et soprano et à la clarinette basse, Bart Defoort au sax ténor, Philippe Laloy aux saxes et à la flûte (basse), Sal La Rocca à la contrebasse, Patrick Deltenre à la
guitare et Bilou Doneux à la batterie. Quel line up ! Le gratin !


Et last but not least, on voit bien qu’ils sont tous potes et qu’ils pourraient jouer les yeux fermés tant ils se connaissent à la perfection, ce qui est la garantie d’un super moment de musique(s).
J’ai mis musiques au pluriel car on ira du Blackbird des Beatles à Liberty City de Jaco Pastorius et à Giant Steps de John Coltrane en passant par Let Love Rule de Lenny Kravitz ou encore à Little Wing de Jimi Hendrix. Sans oublier les compos du leader du groupe Olivier Colette qui s’est occupé aussi (et admirablement bien) des arrangements des pièces susnommées. C’est un véritable panorama des musiques de notre époque qui défilent les unes après les autres. Et encore et encore ... : on n’oubliera pas de sitôt (en fin de concert) la version salsa ( !) du fameux Caravan de Duke Ellington.
Le septet joue relax, il est une machine à sons parfaitement réglée, le son est plein, on a parfois l’impression d’écouter un big band, on ferme les yeux, on est au septième ciel de la musique de jazz.

Pour finir (c’est décidément devenu une habitude de marque du club), les spectateurs se lèvent pour dire merci à ces merveilleux ambassadeurs des musiques qu’on aime.
Et puisque tout se termine par du blues à l’Open Music, c’est sur un air de blues que tous les bénévoles rejoignent les musiciens sur scène pour clôturer dignement ces sixièmes Saturnales et pour poser pour la photo qui leur rappellera longtemps leur bonheur partagé.
Mais non, on n’en a pas encore tout à fait fini ! Les bouchons sautent : le public est invité à trinquer avec nous.
On aurait bien voulu du champagne (le concert pétillant du jour le méritait amplement) mais si on veut maintenir des prix démocratiques pour la suite de notre saison, on se contentera d’un petit cava, c’est l’intention qui compte, non ?
C’était la fête ce dimanche au club, pourvu que ça dure ! So long...
JJ


*Le club Heptone c’est à Ittre, c’est le meilleur club de Belgique après le nôtre ! (lol)