Saison 2025-2026 en photos et vidéos

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29/11 : An Diaz & Yokatta brothers


Noir.


Silence.


On entend au loin (ça doit venir des loges au second étage) la voix d’une femme.
D’abord fluette.
Puis crescendo.
La femme descend les escaliers.
La voix devient ample, de plus en plus forte, rocailleuse puis caressante ; une voix d’homme,
une voix de basse, l’accompagne maintenant, puis encore deux voix d’hommes pour former
un chœur polyphonique de gospel.
On retient sa respiration et on est émus au plus profond. La magie opère déjà…

Lumière


Tous les quatre montent sur la scène, on applaudit à tout rompre.
La femme apparaît sous le rouge des spots, elle est belle, elle est une chanteuse sublime,
elle parle bien, elle dit des choses justes entre deux chants où son âme traverse toutes les
émotions qu’un être peut offrir de communiquer à ses soeurs et frères humains.
C’est An Diaz !
Toute la puissance du gospel et du blues sont en elle et ce qu’elle dit n’est pas un prêchi-
prêcha convenu : elle le dit avec son cœur, avec ses tripes, c’est du vécu.
Elle exhorte à la joie qui est un acte de résistance dit- elle, elle incite à aider les autres pour
s’aider soi-même.

Estrade


Quand les quatre complices s’asseyent sur le bord de la scène pour raconter comment ils
fabriquent leur musique, on a juste envie d’allumer un feu de camp pour chanter avec eux.
Il y a Manu qui joue de la guitare slide comme personne et même quand il joue de l’ukulélé,
on a des frissons.
Il y a Stéphane à la contrebasse. Entre les larmes qui pourraient nous venir tant les émotions
se bousculent, il arrive juste à temps pour les balayer avec son humour et ses talents de
contrebassiste-acrobate.

Le kamasutra avec sa contrebasse est un moment fort applaudi qui rappelle que le blues
c’est aussi de la joie, du spectacle, et le blues ici devient rockabilly. On s’amuse comme des
enfants.
Et puis il y a Thierry aux drums pour que l’on garde précieusement le tempo de nos cœurs à
l’unisson.

Final


Le public n’en peut plus d’être assis, il se lève pour un dernier gospel . On est tous fatigués et
pourtant on voudrait que la musique ne s’arrête pas.
Je laisse le dernier mot à Jacques qui me dit à la fin du concert : ce soir, ce n’était pas qu’un
simple (bon) concert de musiques de blues et de swing ; il s’est passé quelque chose qui nous
a tous dépassés.
Tu as mille fois raison, Jacques. Il s’est vraiment passé quelque chose de spécial. Et
d’indéfinissable en même temps.
La grâce ? La communion ? Chacun(e) mettra les mots qui lui conviennent pour qualifier ce
concert i-n-o-u-b-l-i-a-b-l-e !
Yokatta, en japonais, ça veut dire Tout va bien !
Merci Ann, merci Manu, merci Thierry, merci Stéphane (qui est aussi médecin dans la vie…) :
grâce à vous, Tout va mieux !!!


28/11 : Marc Ducarne 4tet


Après la soirée un peu folle de jeudi avec les hard rockers de Ground Zéro et les électro-
industriels de Vuduvox et plein de décibels traînant encore au fond de nos oreilles, on s’est
dit que la soirée du vendredi serait sans doute moins orageuse … Que nenni !
On sent dès les premières notes que les musiciens du quartet de Marc Ducarne sont en
forme et décidés à mettre le feu au club.
Leur jazz d’inspiration coltranienne est explosif.
La transe des musiques indiennes, le fracas des débuts du free, le blues chaud patate de
Charlie Parker en guise de rappel, tout y passe pour nous secouer sur nos chaises.
Marc Ducarne est non seulement un saxophoniste hors pair, (quelle classe), il est aussi un
showman qui pourrait faire du stand up s’il lui prenait l’envie de troquer ses saxes pour les
planches d’un comédy club…

« Larmes pour Sand Creek », le titre éponyme du dernier album du groupe, annonce un
moment d’accalmie empreint de respect pour les indiens décimés par la milice un (mauvais
jour) de 1864 au fin fond du Colorado, les lois Jim Crow imposant la sinistre ségrégation
raciale dans tous les USA sont aussi évoquées pour des pièces plus militantes et puis
l’apaisement intervient enfin lors d’une jolie balade pour Mamy Simone qui a bien de la
chance d’avoir un petit-fils aussi doué pour la musique en lui rendant ce vibrant hommage !
Le rappel tourne à la standing ovation.
Comme le disait l’ami Patrick (Delchambre) qui en connaît un bout lorsqu’il s’agit de jazz : en
fermant les yeux, j’ai complètement oublié que les musiciens venaient de Dunkerque, j’ai cru
qu’on était dans un club de New York ! Celles et ceux qui n’aiment pas John Coltrane ont bien
fait de ne pas venir !
Pour rappel, le line up de ce formidable quartet : Marc Ducarne aux saxes (soprano et alto),
Pierre Cretel au piano, Mathieu Millet à la contrebasse et Sébastien Dewaele à la batterie.
On tire son chapeau !


27/11 : vuduvox / ground-zéro


Vous avez dit Open Music Jazz club ?

On en est loin ce jeudi !

Loin des fioritures, des subtiles harmonies, des soli qui se succèdent pour s’échapper quelques minutes avec un saxo, une flute, un piano ou encore une trompette….tout en retombant sur ses pattes pour rester dans la ligne harmonique.

Non non, ce soir on a invité 4 rockers purs et durs : trois accords, un chant poussé dans ses derniers retranchements par un chanteur survolté, c’est simple, ça joue (très) fort, c’est carré, mais nom d’un pétard, que ça fait du bien !

Oui oui, toutes les musiques sont bonnes à prendre quand elles sont jouées avec conviction par des musiciens comme ceux de Ground Zéro ; rien à jeter : la gestuelle sur la scène, les duels de guitares, des riffs terriblement accrocheurs, des compos toutes originales, tout y était pour nous rajeunir de ….. ???? années (chacun mettra le chiffre correct pour arriver à ses 18 ans…)

 

Et après une petite pause, c’est au tour de Vuduvox de monter sur scène.

Les éclairages ont changé, un peu de sons vaudous entre les plages, la musique devient plus sombre, la pulsation est métronomique ; on se rapproche à la fois des années 80/90 et des caves de Berlin après la chute du mur.

La musique est lancinante, la voix de JC est rauque mais bien posée, parfois théâtrale comme il sied à cette musique qu’on qualifiera d’électro-industrielle ; va pour cette appellation puisqu’on a la manie de tout étiqueter aujourd’hui…

En l’écoutant, je me surprends à penser à Arno du temps de TC Matic et aussi au Bryan Ferry d’Avalon à l’époque de Roxy Music.

La musique de Vuduvox fait ainsi des retours en arrière et en même temps (c’est presque du Macron …) elle convoque les accents électro de nos musiques actuelles ; j’ai trouvé ce concert tout à fait intéressant.

A priori, les spectateurs (une cinquantaine) avaient la banane en sortant, c’est donc qu’ils ont pensé comme moi….

 

Dernier commentaire avant de passer au concert suivant : il aurait fallu programmer ce double concert un samedi plutôt qu’un jeudi.

Comme disait le coureur flandrien Fons Vandecassetout à l’arrivée du Tour des Flandres en 110ième position, on fera mieux la prochaine fois !

 

JJ


15/11/2025 : soirée piano & violoncelle



Cette soirée aurait dû être la fête à Jules et à son pote Jorge mais Jules souffre depuis plusieurs semaines d’une tendinite coriace qui l’empêche d’approcher le clavier de son piano.

 

Quoiqu’il lui en coûte, Jules a décidé de maintenir les concerts prévus ce samedi au Club et s’est fait remplacer par son copain Alejandro pour un programme violoncelle/piano varié et facile d’accès : chapeau, Jules, et merci !

 

Car cette soirée fut belle. D’abord il y a eu l’intervention de nos pianistes en herbe Basile et Markus, l’un après l’autre et puis à quatre mains.

 

Au-delà de la qualité de leur jeu, nos deux jeunes pianistes ont été très applaudis pour leur sérieux et leur fraîcheur à la fois, pour l’exemple qu’ils donnent de leur ténacité et de l’aisance à se présenter devant une salle comble pour le plaisir de faire plaisir par la musique. Bravo !

 

Ensuite le duo Jorge/Alejandro a survolé avec talent un répertoire varié pour des pièces brèves mais chaque fois intenses

 

Musique classique (Ave Maria de Bach/Gounod), pop/rock (Queen, Bohemian Rhapsody, We are the champions), musiques de film (La liste de Schindler/John Williams), chanson française (Edith Piaf, l’hymne à l’amour)… toutes les musiques sont célébrées avec respect par nos deux musiciens déjà chevronnés puisque, masters du Conservatoire de Gand en poche, ils sont prêts pour des carrières musicales pleines de promesses. A noter que tous les arrangements pour le duo ont été écrits par Jules .

 

Enfin, cerise sur le gâteau, Frédéric (Maertens, le papa de Markus) nous offre une troisième partie de rêve.

 

Son ami, le violoniste de classe internationale Pal Laszlo, a tenu à jouer trois pièces avec Markus au piano.

 

Ces trois pièces sont d’une délicatesse précieuse et pleines d’émotions.

 

Un moment suspendu, la grâce tout simplement.

 

Et on mesure à cet instant que Markus est décidément (déjà !) un musicien surdoué : technique irréprochable, musicalité, sens de la nuance, le compte est bon !

 

Merci à Frédéric, à Jules, à Basile, à Markus, à Jorge, à Alejandro, à Pal et …à toute l’équipe des bénévoles de l’Open Music Jazz Club pour cette belle soirée de propagande pour la (bonne) musique !

 

A partir du jeudi 27/11, c’est le Festival Les Saturnales. 

 

JJ VDB


14/11/2025 : la nuit du boogie


Commentaire de JJ

L’ami Jean-Marc (Prévôt) m’avait averti : ce sera un super concert en deux parties bien distinctes ; effectivement, le programme qu’il nous a concocté et qui l’a fait maître de cérémonie de la soirée a tenu toutes ses promesses !

 

D’abord il y a eu la forte présence scénique de Sylvia Howard : une voix puissante, un humour bon enfant, une décontraction toute américaine, une belle complicité avec les musiciens, tous les ingrédients d’un tour de chant convaincant.

 

Et la dame (qui ne fait pas son âge !) est d’une gentillesse souriante à désarmer les plus grognons, ce qui est évidemment une qualité supplémentaire qu’on apprécie toujours chez les artistes qu’on accueille au Club.

 

On avait vu récemment le pianiste Bruno Duye à la Nuit du Jazz à Armentières : le meilleur pianiste de boogie au Nord de Paris dixit Jean-Marc, on veut bien le croire tant sa virtuosité et sa joie de jouer sont irrésistibles. Et Stéphane (Bihan) à la contrebasse et Tristan (Patigny) à la batterie sont beaucoup mieux que de simples faire-valoir ! On a eu droit à une section rythmique solide et les soli de ces deux-là étaient à la hauteur du jeu du pianiste, inspirés et percutants.

 

Bref, la soirée avait bien commencé….

 

Quant à la deuxième partie, elle a été tout simplement époustouflante !

 

J’ai adoré le jeu de Philippe Lejeune au piano, subtil, inventif, virevoltant, tout simplement magique !

 

J’ai adoré les interventions de Drew (Davis) au saxophone ténor, parfaitement à propos, avec un son puissant qui rappelle parfois celui des saxophonistes hurleurs qui, à l’instar d’un Sax Gordon ou d’un Big Jay McNeely ou encore d’un Illinois Jacquet, ont fait les beaux jours du rythm and blues ou du jazz des années cinquante.

 

J’ai adoré le répertoire de cette deuxième partie avec la part belle réservée à la revisitation originale et endiablée de grands standards du jazz : de Take the A train du grand Duke Ellington au Summertime des frères Gershwin en passant par la chanson pop/soul Isn’t She lovely de Stevie Wonder.

 

Bref, j’ai adoré…

 

Rien à jeter dans cette belle nuit du boogie dans toutes ses formes et variations, blues, jazz ,soul ; vivement dans deux ans.

 

Et merci à Jean-Marc pour cette belle collaboration avec notre équipe de l’Open Music au service de la musique et des musiciens !

 

JJ VDB


07/11/2025 : Phil Abraham et Jacques Pirotton


Ils débarquent au club à 14h30, tous deux sourire aux lèvres. Phil me dit qu’il est tout content de revenir à Comines où il se sent chez lui. Jacques itou.

 

88 élèves de l’Athénée Royal de Comines les attendent pour une leçon de jazz, illustrée par plusieurs pièces, de la samba à Charlie Parker en passant par Au Clair de la Lune revisité par le swing.

 

Phil est bon pédagogue et explique aux jeunes étudiants ce que tout bon musicien doit posséder pour jouer du jazz : le sens du blues, du swing, du rythme, un son à lui et une capacité d’improvisation pour s’échapper tout en respectant les harmonies. Simple, non ?

 

En soirée, le public assiste à un duo de virtuoses très complices pour une musique simple et complexe à la fois.

 

L’alliance d’une guitare et d’un trombone est assez rare pour qu’on n’oublie pas de si tôt la performance de nos amis jacques et Phil dont l’amitié éclate sur la scène et qui rend ce concert intimiste chaleureux, vivant et… panoramique car tout le jazz qu’on aime défile au fur et à mesure des pièces présentées avec humour par Phil.

 

Le duo, c’est une mise à nu, c’est une aventure risquée : pas de section rythmique pour le soutien, il faut être très culotté pour s’exposer ainsi avec un trombone et une guitare.

 

Mais que c’était réussi !

 

De la dentelle me disait l’ami Claude Dieval à la sortie du concert : Claude, tu as toujours raison !

 

La semaine prochaine, changement d’ambiance(s) :

 

Le vendredi 14/11 Nuit du boogie, ça va chauffer, on peut même danser !

 

Et samedi 15/11 Duo piano/violoncelle en provenance d’Espagne et en première partie les pianistes en herbe Marcus et Basile : venez encourager les jeunes musiciens !

 

Bon Week-end à tou(te)s,

 

 JJ VDB


01/11/2025 : Marcel Powell meets David Linx

Merci à Didier Péron pour les magnifiques photos ©DidierPéron , photographe de scène 

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Et quelques photos "maison" en prime ...


commentaire de JJ

Duo David Linx/Marcel Powell vendredi 1er novembre 2025

 

Oserais-je avouer publiquement que le jazz vocal n’est pas ma cup of tea ?

Et pourtant, quelle claque ce samedi de la Toussaint à l’heure de la cup of tea précisément …

 

Marcel Powell à la guitare fut éblouissant de classe : virtuosité, sensualité, précision, fluidité, ... tout y était pour servir au mieux la musique des grands auteurs-compositeurs de son Brésil.

 

Quant à la prestation de David Linx, je suis tombé sous le charme.

 

David a une technique de chant incomparable : la voix est sûre, depuis la basse jusqu’au contre-ténor, elle passe sans heurts d’une ph(r)ase à l’autre, c’est tout simplement bluffant, je n’ai pas d’autres mots.

 

Mais il n’y a pas que la technique qui compte : David Linx sait communiquer au public sa joie de chanter, il a une vraie présence sur scène qui est le privilège des tout grands, il émeut, il fait sourire ; bref il éclaire la grisaille du jour et désormais je ne pourrai plus jamais dire que je ne suis pas fan de jazz vocal…

 

Quand le duo attaque Bidonville (Berimbau, de Baden Powell* et de Vinicus Di Moraes), on songe bien entendu à la reprise de Claude Nougaro mais le traitement est ici différent, la chanson se décline à deux voix et c’est original,puissant et magnifique à la fois.

 

En fin de spectacle, on découvre les paroles en français que David a mises sur Round Midnight et qui donnent à ce standard de Monk un air de presque nouveauté.

 

Quant à la Samba Saravah (de Baden Powell et de Vinicuss Di Moraes, encore eux), sur une magnifique reprise en français de Pierre Barouh, le phrasé du chant de Marcel est exactement celui auquel on aspire pour se retrouver sous le soleil…exactement.

 

C’était ce samedi 1er novembre à l’Open Music Jazz Club : deux brésiliens (ou presque-), deux frères d’armes, ont débarqué avec leur Brésil.

 

Et c’était grandiose, merci les artistes !

 

Ce vendredi 7 novembre, un autre duo de musiciens exceptionnels puisqu’il s’agit de Phil Abraham au trombone et de Jacques Piroton à la guitare.

 

Venez goûter la musique en live !

 

Comme l’a écrit Sartre : le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place !

 

*Baden Powell, le papa de Marcel.

 

 JJ VDB



24/10/2025 : Sal La Rocca quintet (SLR5)


Commentaire de JJ

Je ne sais pas si vous avez eu le même sentiment que moi à la fin du concert : ce fut une soirée parfaite ! Du monde (sold out), un repas liégeois revisité avec talent par notre équipe kitchen et un concert du feu de Dieu !

 

On l’avait annoncé : rien que l’énoncé des noms des musiciens promettait un magnifique concert.

 

Que des cadors : Sal La Rocca (cb) ; Igor Géhénot (p) ; Steven Delannoye(saxes) ; Phil Abraham (tb) ; Umberto Odone (drums) ont enchanté notre public.

 

Complicité joyeuse entre les musicos, compos originales inspirées des meilleurs spots du hard bop ou du post bop, après tout, on s’en fout des étiquettes pourvu que la musique fut bonne !

 

Et une bien belle balade dédiée par Sal à sa belle-mère, entre autres merveilles pour nos oreilles !

 

Bravo les artistes !

 

Je mets un cd de Sal en rédigeant cette petite bafouille pour rester dans l’ambiance, c’était trop bon !

 

Prochain concert, autre ambiance : le duo David Linx/Marcel Powell ce samedi 1er novembre à 17 heures.

 

Exceptionnel itou !


17/10/2025 : Travellin' Blue



10/10/2025 : Big Dave & Lazy Horse



Commentaire de JJ

J’en ai encore les poils qui se dressent ...
Il y a longtemps que je n’avais pas vibré comme hier soir au son de la musique intemporelle
de ce bon vieux blues acoustique, quand il est chanté avec passion et joué avec un vrai
respect des grands auteurs comme Big Bill Broonzy, Jonh White, Lil Green ,Tampa Red ou
encore JB Leloir (et tant d’autres qui ont contribué à créer cette musique qu’on aime tant).
Raf Timmermans est un guitariste élégant et raffiné, il n’en fait jamais trop.
Ses guitares, avec ou sans résonateur (4 guitares au total...), il les met au service des
grands standards avec une touche bien à lui, discrète et en même temps tellement juste.
De la virtuosité certes mais pas pour l’esbrouffe, juste ce qu’il faut pour retrouver l’essence
de la musique de blues qui lui va si bien.
Quant à Big Dave (David Reniers de son vrai nom), le blues lui colle à la peau.
Si on ferme les yeux, on ne sait pas si le chanteur qu’on entend est blanc ou noir, s’il vient
de Detroit ou de Saint Louis ou d’Anvers : mêmes galères, mêmes amours contrariées,
mêmes joies, mêmes peines, le blues est décidément une musique universelle et (pour une
fois ?) Johnny avait raison, elle vient de là, elle vient du cœur... Surtout quand c’est Big
Dave qui le chante !
J’ai eu l’occasion d’entendre Big Dave à plusieurs reprises, à Anvers, à Fleurus chez l’ami
Fabrice, et à Comines puisque c’était la troisième fois que je l’invitais chez nous.
Sans flagornerie à son égard (je le lui ai dit à la fin du concert), l’ami David Reniers est
comme un bon Bourgogne ou un bon Bordeaux :il ne cesse de bonifier en vieillissant.
Sa voix se fait tantôt caressante, tantôt geignarde, tantôt révoltée, tantôt puissante ; elle
est toujours juste et admirablement posée, elle est grave et tout à coup passe à des
tonalités plus aigües sans le moindre heurt ; le phrasé est maîtrisé dans tous les registres
,bref : une des plus belles/vraies voix du blues que j’ai eu l’occasion d’entendre.
Et quelle présence sur scène ! : David vit les vieux standards de Big Bill Broonzy et des
autres comme s’il les avait écrits lui-même : on y croit, on sourit ou on pleure avec lui car
les histoires qu’il raconte nous secouent les tripes et le cœur ; c’est parfois triste et c’est
parfois joyeux, c’est la vie, c’est le blues. Le vrai.
J’arrête ici : les mots ne remplacent pas la musique et la musique était tellement bonne hier
soir.
Merci et bravo à Big Dave et à Lazy Horse, ce n’est qu’un au revoir !
JJ

03/10/2025 : TUKAN

Commentaire de JJ

Après une tournée aux USA e au Canada (ils étaient encore à Toronto la semaine dernière…) et avant de partir à Liège puis dans l’est et le sud de la France, nous avons eu le privilège d’accueillir dans notre club le groupe TUKAN qui, avec STUFF, représente sans doute la crème de la crème de la musique jazz électro de notre petit pays.

 

Jazz électro ou électro tout court, peu importe l’étiquette : le produit a parfaitement répondu aux attentes du (nombreux) public présent au club ce vendredi.

 

La pulsation rythmique répétitive et lancinante, la précision des effets électroniques, la parfaite maîtrise des instruments sont les caractéristiques de la musique des bruxellois, pas du tout dikke nek mais super sympa et abordables comme tous les artistes qui fréquentent l’Open Music.

 

La musique de TUKAN amène la transe et la danse et, en cela, elle a bien entendu à voir et à entendre avec le jazz qui, durant de très nombreuses années, a été avant tout une musique à danser.

 

Notre public, rajeuni à l’occasion grâce aux jeunes de la MJ Carpe Diem dans le cadre des fêtes de son vingtième anniversaire, ne s’est pas trompé et a transformé le club en dance floor.

 

Vive l’intergénérationnel !

 

Cela s’est passé ce vendredi 3 octobre à l’Open Music Jazz Club.

 

Prochain rendez-vous : ce vendredi 10 octobre pour une soirée blues acoustique avec Big Dave et Lazy Horse, deux tauliers du blues made in Belgium !


19/09/2025 : Vladimir Torres quintet


Commentaire de Luc Parret

Torres : à cinq, trois ou deux...

 

Ils étaient venus en trio en 2021, pendant la difficile période du Covid. Les voilà de retour en quintet, avec dans leurs bagages, un tout nouvel album baptisé « Rush » et dont l’Open-Music a eu la primeur. Le maître à composer du groupe, c’est Vladimir Torres qui fait corps avec sa contrebasse. Il est franco-uruguyen, et c’est dans l’est de la France qu’il a ancré cette aventure, mais sa musique aime voyager.

 

Avec Martin Schiffmann au piano et Tom Moretti à la batterie, ils étaient donc trois. Deux « p’tits jeunes » talentueux, Hugo Diaz au saxophone et Constantin Meyer au trombone, les ont rejoints. Mais sur scène, selon les morceaux, ils passent de quintet en trio (et vice-versa) , et même en duo.

 

De la musique, tantôt tendre, poétique, intimiste, plus souvent flamboyante, énergisante, avec des accents rock qui résonnent fort dans la poitrine. Tous les morceaux étaient composés « maison ». Sauf le dernier : une nouvelle version de « Blackbird » des Beatles. Et c’était formidable aussi...

 

Luc Parret


12/09/2025 : OTTLA


Commentaire de JJ

Groupe de jazz cross over à haute valeur énergétique, c’était l’annonce publicitaire pour le concert d’ OTTLA.

 

Ce quartet bruxello-anversois a mis le feu au club : du rock aux accents de Led Zeppelin ou des Doors par moments, de l’électro façon Herbie Hancock à d’autres, du jazz post bop ou free, + un peu de David Lynch et même des accents musicaux des bon vieux Shadows : ce fut un cocktail explosif et parfois déconcertant qu’OTTLA nous a offert ce vendredi 12 septembre.

 

On ne peut évidemment pas ne pas citer spécialement le guitariste Bert Dockx (Dans Dans…) : il est tout simplement phénoménal !

 

On a l’impression qu’il a écouté tous les guitaristes : de Jimmy Page à Jimmy Hendrickx en passant par des jazzeux comme John Scofield ou John McLaughlin.

 

Ayant assimilé tous ces courants jazz/rock,psyché et autres, il a réussi à fabriquer son propre son, son propre style, bref sa musique, reconnaissable entre mille : n’est- ce pas le propre des grands artistes ?

 

Sa culture musicale est énorme et ne s’arrête pas au jazz rock ou au jazz fusion : lorsque le quartet rend hommage à Thelonious Monk ou à Sun Ra, on monte au septième ciel tant la revisitation est originale et accrocheuse.

 

Du Monk sans piano ! Du Sun Ra Orchestra en quartet ! Bravo la performance !

 

On s’est dit en fin de concert que si ça continue comme ça la saison 25/26 tutoiera les sommets !

 

Vendredi 19/09, Vladimir Torres en 5tet (et non en trio comme annoncé dans nos brochures) : contrebasse, drums, piano, saxo et trombone.

 

Un jazz franco-uruguayen à ne pas manquer !


05/09/2025 : Tassin/Hermia/Joris


Commentaire de JJ

Le concert de la rentrée du Club a tenu toutes ses promesses : le trio a fait fort !

 

Julien l’a précisé à la fin du concert : un peu de free, des musiques aventureuses venant du bout du monde, du groove, des moments de zénitude, … : ce cocktail fut tout simplement délicieux à avaler !

 

Je ne devrais pas sortir un musicien du lot car ils étaient tous les trois virtuoses accomplis et unis par une parfaite complicité qui faisait plaisir à voir et qui a été partagée avec notre public..

 

Je m’en voudrais quand même de ne pas citer plus particulièrement Chris Joris aux percussions et à la batterie : c’est la première fois que nous avions l’honneur de le recevoir au club et il fut tout bonnement éblouissant.

 

Avec humour et une incroyable dextérité, il a utilisé toute la panoplie des instruments qu’il avait emmenés avec lui, (ne me demandez pas comment les nommer …) ce fut un vrai régal pour les yeux et les oreilles de les découvrir sur la scène de notre club.

 

Décidément la saison 2025/26 a démarré en trombe pour le meilleur de la musique.

 

Vendredi 12/09, un autre cocktail explosif avec la musique très cross over du groupe Ottla avec un certain Bert Dockx qu’on aspire à revoir ! (Dans Dans !!!!)

 

JJ VDB